Et si ta zone de confort était justement une partie de ton équilibre ?
« Il faut sortir de sa zone de confort. »
Combien de fois as-tu entendu cette phrase ?
Comme s’il fallait toujours se dépasser.
Faire quelque chose qui nous fait peur.
Repousser nos limites.
Changer.
Bouger.
Évoluer.
Comme si rester dans ce qui nous fait du bien était forcément synonyme d’immobilisme.
Et si on arrêtait deux minutes ?
Et si ta zone de confort n’était pas une prison ?
Et si elle était justement une partie de ton équilibre ?
C’est une réflexion qui revient régulièrement dans mes soins. Parce que lorsque je parle de zone de confort avec certaines femmes que j’accompagne, je ressens parfois une drôle de réaction.
Comme si dire « j’aime ma zone de confort » était presque honteux.
Alors moi, j’ai envie de te dire :
Noooon.
Tu as peut-être mis des années à la construire.
Pourquoi faudrait-il tout envoyer valdinguer ?
Et si tu l’agrandissais plutôt ?
Une zone de confort, c’est quoi ?
Pour moi, une zone de confort, c’est avant tout une safe place.
Un endroit où tu te sens en sécurité.
Un endroit où tu peux respirer.
Où tu peux arrêter de penser.
Ou au contraire penser à tout ce dont tu as envie.
Un endroit où tu n’as rien à prouver.
Où tu peux déposer les armes.
Où tu peux simplement être toi.
Et cette zone de confort peut être minuscule.
Ça peut être boire ton café en regardant la nature.
Marcher pieds nus dans l’herbe.
Écouter de la musique.
Mettre la musique à fond et danser seule dans ton salon.
Lire.
Dormir.
Prendre une bonne douche, te laver les cheveux, gommer ton corps, mettre de la crème et t’installer ensuite dans ton canapé avec ton plaid.
Ou manger du chocolat après une journée de merde.
Et tu sais quoi ?
C’est peut-être exactement ce dont tu avais besoin.
Ta zone de confort peut aussi être une personne.
Un lieu.
Une odeur.
Un souvenir.
Une saison.
Un rituel.
Pour moi, enfant, ma zone de confort, c’était notamment les bras de ma mamie, qui m’appelait sa « sangsue ».
Et finalement, je crois que cette image ne m’a jamais vraiment quittée.
Il y a quelque temps, j’ai dû passer une IRM. C’était une première pour moi et, je dois l’avouer, j’étais angoissée. Une fois dans le tube, j’ai fermé les yeux pour retourner dans mon monde et j’ai demandé du soutien « là-haut ».
Et c’est là que je me suis retrouvée projetée ailleurs.
J’ai vu plusieurs membres de ma famille, heureux de se retrouver, se saluer. Puis nous avons passé comme un seuil… et je suis redevenue cette petite fille.
Ma mamie était assise dans son gros fauteuil et je me suis retrouvée blottie dans ses bras. Elle me berçait.
À cet instant, je n’avais pas besoin d’être forte, de comprendre ou de contrôler. Mon enfant intérieur avait simplement besoin d’être rassuré.
Et c’est là que j’ai repensé à ma zone de confort.
Ces bras-là avaient été ma safe place. Et, des années plus tard, une partie de moi savait encore exactement où aller pour se sentir en sécurité.
C’était aussi les bras de ma maman.
Et l’odeur du café le matin qui emplissait la maison.
Tu vois cette sensation ?
Celle qui te dit :
« Ici, je suis bien. Ici, je peux me déposer. »
C’est aussi pour cela que j’aime l’image de la barbe à papa.
Petite, je pouvais presque m’imaginer dedans.
Un nuage sucré.
Doux.
Enveloppant.
Réconfortant.
Et finalement, je crois que notre zone de confort peut avoir cette même fonction.
Elle nous enveloppe.
Elle nous permet de souffler.
Elle nous permet de revenir à nous.
Et non, ce n’est pas régresser.
Au contraire.
C’est garder une connexion avec cette partie de nous qui sait encore ce qui lui fait du bien.
Mais attention à ne pas confondre avec confort et familiarité.
Parce que tout ce qui est connu n’est pas forcément confortable.
Une relation qui nous fait souffrir mais dans laquelle on reste parce qu’on connaît cette vie ?
Ce n’est pas forcément une zone de confort.
C’est peut-être une zone de familiarité.
Un travail dans lequel on n’est plus bien mais auquel on s’accroche avec cette phrase :
« Je sais ce que j’ai. »
Là aussi, j’ai envie de poser une question :
Est-ce que tu es réellement bien ?
Et si tu écrivais ce que serait ton travail idéal ?
Les horaires.
Le salaire.
L’environnement.
Le patron.
Les missions.
Tout.
Sans te sous-estimer.
Sans penser que ce n’est pas pour toi.
Sans te demander si tu as « le droit » de vouloir ça.
Parce que parfois, nous nous sommes tellement habituées à quelque chose que nous avons fini par confondre habitude et bien-être.
Et c’est là que prendre de la hauteur devient essentiel.
Depuis quand le confort est-il un problème ?
Moi, ce que j'ai compris avec le temps
Ma zone de confort a énormément évolué.
Et je crois que c’est justement parce que j’ai évolué moi aussi.
Ma zone de confort n’est pas figée parce que je ne suis pas figée.
Je n’ai plus les mêmes besoins qu’il y a dix ans.
Je n’ai pas les mêmes besoins selon les saisons.
Et je n’ai pas les mêmes besoins selon les périodes de ma vie.
En hiver, après une journée épuisante, fatigante ou triste, tu peux me trouver sur mon canapé.
Plaid.
Film de Noël.
Ou Dirty Dancing, que j’ai probablement vu une centaine de fois.
Et je suis bien.
Je me laisse envelopper.
Je n’ai rien à faire.
Je recharge.
Au printemps ou en été, ma zone de confort change.
J’aime m’allonger au soleil.
Lire un bon livre.
Passer du temps en famille.
Jouer à des jeux de société avec mes neveux et nièces.
Et puis il y a ces moments qui ne dépendent d’aucune saison.
Un restaurant avec mon compagnon.
Un moment seule, sans bruit.
Zéro sollicitation.
Ou, à l’inverse, mettre la musique à fond et danser.
Avec ma fille, j’ai aussi découvert de nouveaux espaces de bonheur : le cinéma, le théâtre, nos moments partagés.
Et finalement, tout cela m’a fait comprendre quelque chose :
ma zone de confort est aussi une connaissance de moi.
Je sais de mieux en mieux ce qui me fait du bien.
Ce qui me ressource.
Ce qui me permet de respirer.
Et surtout, j’essaie de m’écouter davantage.
De m’accorder du temps.
De ne plus faire certaines choses simplement pour faire plaisir lorsque, profondément, je n’en ai pas envie.
J’ai aussi compris que ma sécurité ne venait pas uniquement des autres
À une époque, je comptais beaucoup sur les autres pour me sécuriser.
Aujourd’hui, j’ai compris que ma sécurité vient d’abord de moi.
L’amour aussi.
Et ça change énormément de choses.
Devenir maman m’a aussi appris beaucoup.
Avoir quelqu’un sur qui veiller presque tout le temps m’a parfois amenée à m’oublier.
Alors aujourd’hui, je me questionne davantage.
De quoi ai-je besoin ?
Qu’est-ce qui me ferait du bien ?
Est-ce que j’ai vraiment envie de faire ça ?
Est-ce que je suis en train de choisir ou simplement de faire plaisir ?
Même dans mon couple, nous réfléchissons aujourd’hui à la manière de couper davantage du quotidien.
Partir un week-end.
Changer d’air.
Nous créer de nouveaux espaces.
Et finalement, nous sommes déjà en train de construire de futures zones de confort.
Parce qu’une zone de confort peut aussi être une projection.
Quelque chose que tu choisis de créer pour prendre soin de toi.
Et puis il y a eu le jour où je me suis choisie
Professionnellement aussi, ma zone de confort a changé.
J’ai compris que je n’étais plus bien dans mon ancien métier.
Alors j’ai dû écouter cette petite voix qui me disait que quelque chose n’était plus aligné.
Je me suis choisie.
Et je crois que c’est aussi cela, évoluer.
Ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre.
C’est devenir davantage soi.
Écouter ses besoins.
Ses envies.
Ses convictions.
Son cœur.
Son âme.
Chercher la congruence.
Et accepter que ce qui nous correspondait hier ne nous corresponde plus forcément demain.
Et si tu t’écoutais enfin ?
Pour aller plus loin : ne détruis pas ta zone de confort, agrandis-la.
C’est exactement ce que je dis aujourd’hui aux femmes que j’accompagne.
Quand j’entends :
« Il faut sortir de sa zone de confort. »
Moi, j’ai envie de répondre :
« Noooon. Tu as mis trop de temps à la construire. Agrandis-la. »
Ajoute.
Expérimente.
Découvre.
Ose.
Ajoute des expériences.
Des lieux.
Des personnes.
Des façons de prendre soin de toi.
Et surtout :
un pas après l’autre.
Tu n’as pas besoin de tout changer demain matin.
Tu peux simplement ajouter une nouvelle possibilité à ta vie.
Et parfois, en ajoutant, tu te rends compte quelques mois ou quelques années plus tard que certaines choses que tu pensais impossibles sont devenues naturelles.
Anecdote de soin
En soin, j’ai accompagné une femme qui adorait voyager…
Mais elle ne s’autorisait pas à partir seule.
Nous avons travaillé autour de cette envie.
Et petit à petit, elle a commencé à mettre sur son tableau de visualisation les endroits qu’elle rêvait de découvrir seule.
Et je l’ai sentie changer.
Quelque chose s’est débloqué.
Elle s’est autorisée à rêver.
À pétiller.
À envisager une vie qui ne dépendait pas forcément de la disponibilité des autres.
Elle n’avait pas détruit sa zone de confort.
Elle venait de l’agrandir.
Anecdote de soin
En soin, une autre reine m’a parlé de la mer
Elle avait passé une journée à la mer avec une amie et m’a dit :
« Ça m’a fait du bien. »
Alors je lui ai demandé :
« Et si tes copines ne sont pas disponibles ? »
Pourquoi attendre que quelqu’un soit libre pour faire quelque chose qui te fait du bien ?
Elle a réfléchi.
Puis elle s’est dit qu’elle pourrait mettre une serviette dans sa voiture.
Et si elle en avait envie après le travail ?
Elle partirait.
Toute seule.
C’est parfois aussi simple que ça.
Un petit pas.
Une petite décision.
Et soudain, une nouvelle possibilité apparaît.
Anecdote de soin
En soin, j’ai aussi rencontré une femme qui ne savait plus…
Elle avait cette sensation de s’être échappée elle-même.
Elle ne savait plus ce qu’elle voulait.
Plus ce dont elle avait besoin.
Alors après le soin, je lui ai demandé :
« Là, maintenant, de quoi as-tu besoin ? »
Elle m’a répondu :
« De dormir. »
Alors je lui ai dit :
« Alors dors. »
Pas besoin de penser à dans un an.
Pas besoin de régler toute ta vie aujourd’hui.
Dors.
Et quand tu te réveilles, demande-toi à nouveau :
« De quoi ai-je besoin maintenant ? »
Peut-être marcher.
Boire un thé.
Écouter de la musique.
Manger des pâtes à la carbonara.
Ne parler à personne.
Sortir prendre l’air.
Une heure après l’autre.
Un pas après l’autre.
C’est aussi ça, apprendre à s’écouter.
Anecdote de soin
Et puis il y a cette reine qui détestait l’arrivée de l’automne
Elle aimait le soleil.
La chaleur.
Les cigales.
Et l’arrivée de l’automne puis de l’hiver lui provoquait déjà une certaine angoisse.
Alors je ne lui ai pas dit :
« Il faut sortir de ta zone de confort. »
Je lui ai proposé l’inverse.
« Et si tu créais une zone de confort pour l’automne ? »
Qu’est-ce que cette saison peut t’apporter ?
Les feuilles qui tombent.
Le bruit lorsqu’on marche dedans comme quand tu étais enfant.
L’odeur de la pluie.
Les couleurs.
Le cocooning.
Et en parallèle, regarder ce qui se joue réellement derrière ce blocage.
Parce que parfois, ce n’est pas la saison que nous rejetons.
C’est ce qu’elle vient réveiller en nous.
Et lorsque certains nœuds, certaines blessures ou certains vécus sont enfin regardés, une nouvelle possibilité peut apparaître.
Une autre façon de vivre cette saison.
Encore une fois :
on n’a pas besoin de tout détruire.
On peut créer autre chose.
Alors oui, parfois, il faudra sortir de ce que tu connais.
Mais uniquement si tu en ressens l’appel.
Tu veux aller seule au restaurant ?
Fais-le.
Tu rêves de voyager seule ?
Commence à regarder où tu aimerais aller.
Tu veux changer de travail ?
Commence par écrire ce que serait ton travail idéal.
Tu as envie d’aller marcher à la mer ?
Mets une serviette dans ta voiture.
Tu as besoin de dormir ?
Dors.
Tu veux passer une soirée seule ?
Autorise-toi cette soirée.
Ce n’est pas parce que quelque chose est nouveau que tu dois le faire dans la peur et la violence.
Tu peux y aller doucement.
Un pas après l’autre.
Et peut-être qu’un jour tu te retourneras et que tu te diras :
« Waouh… regarde tout ce que j’ai fait. »
C’est quelque chose que je rappelle souvent en soin aux femmes qui me disent :
« Mais je n’ai rien fait. Je ne suis pas capable. »
Alors je les invite à regarder derrière elles.
Le chemin parcouru.
Les peurs traversées.
Les choses qu’elles ont osées.
Les jours où elles se sont levées malgré tout.
Et je leur dis parfois :
Regarde la femme extraordinaire que tu es.
Regarde ce corps qui te permet de te lever chaque matin.
De respirer.
D’avancer.
Remercie-le.
Tu as peut-être fait beaucoup plus que tu ne le crois.
Piste de réflexion : où est ta safe place ?
Alors aujourd’hui, plutôt que de te demander :
« Comment sortir de ma zone de confort ? »
J’aimerais te proposer une autre question.
« Où est-ce que je suis réellement bien ? »
Où est-ce que tu te sens en sécurité ?
En paix ?
Alignée avec tes besoins ?
Tes envies ?
Tes convictions ?
Ton cœur ?
Ton âme ?
Qu’est-ce qui te fait respirer ?
Qu’est-ce qui te ressource ?
Qu’est-ce qui te permet de ne plus te juger ?
De t’accueillir ?
D’être silencieuse si tu en as envie.
De rire. Et fort, s’il te plaît !
De pleurer.
De te libérer.
De ne rien prouver. Parce que t’es juste là pour briller pas pour convaincre.
Juste être là.
Juste toi.
Parce que pour moi, une safe place, c’est peut-être finalement cet endroit où tu peux enfin arrêter de te demander si tu es assez.
Tu es en sécurité.
Tu es capable.
Tu es belle.
Tu es forte.
Tu sais ce qui te fait du bien.
Alors autorise-toi à t’écouter.
Oublie un instant les diktats de la société.
Et demande-toi :
« Est-ce que ce qui me faisait du bien il y a un an me fait encore du bien aujourd’hui ? »
Peut-être que oui.
Peut-être que non.
Et c’est très bien.
Parce que :
Ta zone de confort n’est pas figée parce que tu n’es pas figée.
Elle évolue avec toi.
Elle grandit avec toi.
Elle se transforme avec tes expériences, tes prises de conscience, tes nouveaux rôles, tes nouvelles envies.
Et parfois, elle te pousse même à aller un peu plus loin.
Parce que tu sais que tu as un endroit où revenir.
Ton socle.
Ta safe place.
Ton cœur.
Alors si aujourd’hui tu as passé ta journée sous ton plaid à regarder Dirty Dancing pour la centième fois…
Si tu as dormi.
Si tu n’as rien fait.
Si tu as mangé du chocolat.
Si tu as simplement soufflé.
Bravo.
Tu t’es peut-être simplement ressourcée.
Tu as rechargé tes batteries.
Tu t’es écoutée.
Et tu n’as rien à culpabiliser.
Tu peux être fière de toi.
Et demain, tu verras.
Peut-être que tu auras envie de marcher.
De partir à la mer.
De prendre un café seule.
De réserver ce week-end.
De mettre la musique à fond.
Ou simplement de rester encore un peu dans ton cocon.
Écoute-toi.
Un pas après l’autre.
Parce que finalement, je ne t’apprendrai pas à sortir de ta zone de confort.
Je t’inviterai à l’agrandir. Casse les murs si tu en ressens le besoin.
Mais conserve le cœur.
Parce que s’il y a une chose dont je suis certaine aujourd’hui, c’est celle-ci.
Chaque fois qu’une femme choisit enfin de s’écouter, de remettre sa couronne sur sa tête et d’avancer malgré ses blessures…
Il ne se passe pas seulement quelque chose en elle.
Il se passe quelque chose autour d’elle.
Dans sa famille.
Dans ses enfants.
Dans les générations qui suivront.
Et peut-être même, qui sait…
Bien au-delà de cette vie.
Et si ce texte avait réveillé quelque chose en toi...
Habituellement, j’aime terminer mes articles avec une petite référence, un livre, une lecture à découvrir… histoire de te donner quelques pistes pour aller plus loin.
Mais cette fois-ci, pas de livre à te conseiller.
Et tu sais quoi ? Je crois que c’est très bien comme ça.
Parce que nos zones de confort sont aussi différentes que nous le sommes. Ce qui fait du bien à l’une peut agacer profondément l’autre ! 😄
Alors plutôt que de te dire quoi lire, quoi faire ou comment évoluer, je vais simplement t’inviter à faire quelque chose de beaucoup plus simple :
écoute-toi.
Observe ce qui te fait du bien.
Ce qui te ressource.
Ce qui te fait pétiller.
Et demande-toi si ta zone de confort ressemble encore à la femme que tu es aujourd’hui.
Et si elle a besoin d’évoluer…
Ne la détruis pas. Agrandis-la.

